Tuesday, August 08, 2006

Beyrouth ma ville mon amour

J’aime Beyrouth pour ses murs qui parlent, ses murs qui semblent se liquéfier et pleurer de l’intérieur.

J’aime Beyrouth pour ses bruits, le cri du vendeur de légumes ambulant, la musique jazz ou techno qui s’échappe des lieux nocturnes, le chant de la mosquée qui se mélange aux cloches de l’église, les klaxons intempestifs, les inflexions en version originale et version sous-titrée, les tambours et les chants de l’homme qui réveille les jeûneurs la nuit pendant le Ramadan.

J’aime Beyrouth pour ses paysages si divers ; le bord de mer où se pressent les promeneurs, les fumeurs de narguileh, les sportifs entêtés ou du dimanche, les familles qui viennent pique-niquer et le café de Rawda où j’allais jouer enfant ; le centre-ville à la fois si beau et irréel, dont nous sommes si fiers et que nous adorons critiquer tout à la fois ; Hamra avec sa clameur, son mélange de cafés mythiques et de bars récents où réinventent le monde les intellectuels…

J’aime Beyrouth pour ses gens de partout et d’ailleurs, toujours généreux et affables, à la langue volubile et parfois acérée, pour toutes les rencontres étranges et riches qu’on y fait.

J’aime Beyrouth pour ses artistes, toujours à l’affût de quelque chose de différent, un peu hautains à l’occasion.

J’aime même Beyrouth pour ses « service », qui ne vous emmèneront nulle part pour mille livres mais au bout du monde pour un peu plus, le meilleur lieu pour apprendre les dernières rumeurs.

J’aime Beyrouth parce qu’elle ne mourra pas, parce qu’aucune bombe et qu’aucune invasion ne pourra la détruire.

Nayla Naoufal

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